La variante rayée du guépard
Le Guépard royal n'est pas une espèce distincte mais une variante génétique rare du guépard commun (Acinonyx jubatus), porteur d'une mutation qui transforme ses taches noires en larges bandes et plaques irrégulières sur le dos et la queue. Décrit pour la première fois comme une espèce à part en 1927, il a longtemps alimenté des débats zoologiques jusqu'en 1981, quand une portée de zoo produisit à la fois des individus normaux et "royaux" — prouvant définitivement qu'il s'agissait du même guépard avec des allèles différents.
Rencontré très rarement dans le Zimbabwe, le Botswana et la province nord du Limpopo en Afrique du Sud, c'est l'une des variations de pelage les plus spectaculaires du règne animal.
La génétique du motif royal
La mutation responsable affecte le gène Taqpep (Transmembrane aminopeptidase Q), le même gène qui produit les différents motifs chez le chat domestique (tigré vs uni). La mutation royal est récessive : il faut deux copies de l'allèle muté (une de chaque parent) pour produire le phénotype royal. Des guépards d'apparence normale peuvent donc être porteurs de la mutation sans la manifester.
Conservation
Le guépard royal est d'une rareté extrême — moins de 50 individus ont jamais été documentés à l'état sauvage. Sa rareté tient à la rareté de la mutation et à la faiblesse générale des populations de guépards. Le guépard commun est lui-même classé vulnérable avec environ 7 000 individus sauvages — son cousin royal est donc un trésor dans un trésor.
Symbole culturel
Le guépard royal est profondément enraciné dans la culture venda d'Afrique australe, où il est considéré comme un animal sacré porteur de chance et de puissance. Son observation est considérée comme un présage extrêmement favorable. La réserve de De Wildt en Afrique du Sud a réussi des reproductions en captivité, contribuant à mieux comprendre sa génétique.